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Le masque de l’UN

L’Union fait la nation (UN) a pris un bain de foule à l’occasion de son récital à Abomey, la cité royale. Ses leaders surexcités ont profité du show politique à forte audience pour délayer des formules malheureusement mortifères. On a chanté, dansé, valsé lors du bal dominé par des simulacres. La mise en scène politique n’est pas de date récente dans l’histoire du renouveau démocratique. La grande affiche Tévoèdjrè -Houngbédji de 1996 avait fait salle comble et chargé depuis les mémoires des reliefs de l’hypocrisie. Au stade de Goho, le théâtre de l’UN a soumis à l’appréciation de la foule des scènes angoissantes. Le point d’orgue du sinistre moral fut la grossière attaque contre le Cauri, symbole de Force cauri pour un Bénin émergent (Fcbe).

Le vomissement politique est venu de Lazare Sêhouéto qui eut le privilège au nom de l’UN de malaxer la boue et de distiller le déshonneur. L’ancien ministre invite ses frères de la zone à ne pas s’amuser avec le Cauri dans la cité royale, la terre de Houégbadja. L’élan régionaliste a juste plongé le conglomérat anti Yayi et anti cauri dans des évocations historiques inopportunes et tendancieuses. Dans le Renard et la Cigogne, la Fontaine écrit :  » trompeurs c’est pour vous que j’écris  » et il nous apprend plus loin que le loup devenu berger finit plutôt mal et que « quiconque est loup agisse en loup ». Les prélats de la chapelle de l’UN avaient tous soutenu le Cauri de Yayi contre l’arc-en-ciel de Houngbédji au second tour de la présidentielle de 2006. La messe de Goho aura été celle des loups amnésiques hurlant contre le symbole de Fcbe. L’infini bavardage dépouille la parole du bon sens, son noyau. Soyons comme le chevreau qui, se méfiant du loup lui demande de montrer ses pattes blanches. Les litanies ampoulées et régionalistes récitées amplement au pèlerinage de l’UN à Abomey et ce coup aveugle porté au symbole de Fcbe font descendre ces anti Yayi et anti cauri dans le bas-fond de la politique. Qu’est ce qui a pu pousser l’UN à s’engager dans l’œuvre honteuse de la destruction de symbole ? Après le déluge de critiques sur la vision de la jarre trouée de Yayi, on ne s’attendait plus à cette gaucherie de l’opposition UN. Mais cette union proclamée pour faire la nation verse dans la diversion avec sa propension à l’exploitation des fibres régionalistes. Elle refuse de grandir et pousse des ailes toxiques, sans inspiration et sans imagination. La tasse acide servie au stade de Goho prouve que l’Union est inféconde et maladive. A la révolution de la jarre lancée par Yayi, la troupe pro Houngbédji manque de réplique appropriée et se meut dans l’irrationnel. Le recours aux salves contre le symbole cauri sur fond de paroles creuses est la preuve de l’impuissance de l’UN à proposer une alternative crédible au changement. La bande à Bruno Amoussou nous distrait. Si ce qui unit les leaders de l’UN est plus fort que ce qui les divise, la solidarité retrouvée promet plutôt une navigation à vue. La passion pour cette bataille des symboles et les digressions politiciennes sur le cauri fabriquent la toile du doute sur la capacité des soi disant champions de l’opinion à mieux faire que Yayi. L’UN ne fait plus rêver. Quelle grosse déception !

A la vérité, dans la course à la présidentielle, le seul ennemi de Yayi est Yayi. Il doit mener un combat contre lui-même pour renouveler le bail en 2011. Car l’UN est jusqu’ici l’ombre d’elle-même, noyée dans ses fantaisies et crispée devant l’accumulation d’erreurs par Yayi. Ni les maladresses du pouvoir, ni la situation socio politique n’ont mis l’UN sur les bons rails.

Et l’union anti Yayi végète dans la glaise du mauvais choix et souffre de la disette d’habileté manœuvrière. Elle joue en amateur et prend maintenant le symbole cauri en grippe dans la rivière régionaliste. A cette allure, il est à éviter la mésaventure des grenouilles qui demandent un roi dans la fable d’Esope. Ces grenouilles fâchées de l’anarchie dans laquelle elles vivaient, envoyèrent les députés à Zeus, pour le prier de leur donner un roi. Ils eurent finalement une hydre qui les prit et les dévora. Il est à craindre que l’UN soit une machine à fabriquer des hydres. Franchement, cette union ne rassure pas. Elle n’est pas prête à boucher la jarre trouée et à respecter son propre symbole. Hélas !


 Sulpice O. GBAGUIDI 



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La flamme de l’altruisme

L’être humain a cette noble propension à aimer et à aider son prochain. Une certaine doctrine philosophique met au cœur de la moralité, l’intérêt pour autrui, ce que nous appelons altruisme et qui constitue une vertu. Nul doute que le malheur peut venir de l’égoïsme et de toute allure égotiste. La nature elle-même ficelle sa complicité avec l’altruisme pour la contagion du bonheur. Le bain humain du bien élève notre existence et donne un sens à la vie. Après aimer, aider est le plus beau verbe, explique la sagesse populaire.

Il est évidemment bon d’être altruiste.  » La fraternité, disait Jacques Attali, consiste à trouver du plaisir au bonheur de tout ce qui a vécu, vit ou vivra. Un altruisme universel qui s’adresse à l’autre et à tous les autres « . La vocation de la bonne action est l’apanage de l’homme. Elle se règle en principe conformément aux normes et nous sort de l’état de nature, bestial et primitif. Les Saintes Ecritures ont semé le sens de l’amour et tenu les racines de l’altruisme : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé vous aussi  » (Jean 13, 34). La raison humaine et les exigences morales édictent qu’on vienne en aide à ceux qui sont dans le besoin. Nul n’a le droit d’être heureux tout seul dit-on. Au tableau des valeurs humaines, s’inscrit cet élan à porter assistance à autrui. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas à proclamer son altruisme. Sans l’acte, elles sont stériles et tournent dans le vide pour fondre dans l’inachevé. Il faut que le concret vienne célébrer le pragmatisme, la bonne volonté. Le vacarme assourdissant sur du rien est illusoire. Il y en a qui aiment simuler l’altruisme par un angélisme trompe-l’œil.

Quand l’altruisme devient ce que Jean Rostand qualifie d’alibi, il porte la charge immorale. Aider par exemple une jeune fille dans le vil dessein d’exploiter sa situation relève d’une pure bassesse. Le soi- disant altruiste tombe dans la poubelle. Car la concupiscence et la volupté motivent ici l’aide. L’amour du prochain n’est plus sain dans ce cas et masque quelque chose de cruel. L’altruisme universel se moque de cette espèce de propension insalubre qui colle au caractère rétif de l’humain.  » Que la charité soit sans hypocrisie ». (Romains 12,9).

Sur un autre plan, l’altruisme manifesté envers les paresseux réputés, les partisans de moindre effort est purgé de tout charme en cela que la sollicitude pour cette race de gens frappés de fainéantise est moralement inféconde. Il faut apprendre à décourager ces parasites qui profitent de l’altruisme vertueux des autres et refusent de se jeter à l’eau pour manger à la sueur de leur front. J’ai horreur de ces sangsues à peau d’homme. Quelle est cette vie qui consiste à miser sur l’altruisme des autres ?

L’homme, être intelligent et raisonnable a le devoir de donner le pouvoir à la morale. Son existence sans un brin d’altruisme serait un gâchis. Nous avons tous l’occasion de montrer notre sens humanitaire et notre esprit de solidarité. Il suffit de briser les chaînes égotiques pour afficher le visage véritablement humain. Combattre l’instinct animal par la conscience et faire triompher le bien, telle doit être la devise de chacun. L’essentiel est d’éviter d’être « un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit » (Corinthiens 13,1). Mais, on ne peut aider autrui jusqu’à se ruiner. A chacun ses limites, malgré le premier commandement  » aimez-vous les uns les autres ».
 Sulpice O. GBAGUIDI



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 Le spectacle de l’incivisme

Le vent de l’incivisme souffle à une vitesse de croisière sur la République. Il s’est même mué en cyclone et dévaste le champ de la morale. La situation est inquiétante avec l’érosion progressive des tissus nationaux de nos repères. On s’est accommodé à la pourriture et la poubelle de l’histoire se remplit des ordures de l’inconduite. L’incivisme a d’emblée pris la forme d’un fléau. Il affiche une destinée endémique. La Nation plongée dans la mare souillée des dérives se désagrège sous les coups de hache contre l’éthique. On est sur l’échelle infectée des anti valeurs. Au spectacle de l’incivisme résonnent les symphonies les plus grossières.

Le tableau des valeurs s’est noirci par une masse d’incivisme. La rue est chaque jour témoin des injures et acrimonies entre usagers de la route. L’impolitesse est au rendez-vous. Les avanies, les échanges imbéciles, les propos grossiers sont en crue. Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées, tous s’illustrent dans un mode où l’instinct écrase la raison pour rendre l’homme primitif. La bêtise, les provocations de toute nature, assurent le spectacle honteux. Se mettre en boule sur la route au point de proférer des injures contre l’autre est-il une pratique digne de gens normaux ? Le comble de la bassesse est le recours à la bagarre. Des volées de poings font douter de l’état de santé mentale de certains. Nous sommes toujours face à la nécessité de l’évacuation de mécréants de la rue à la Salpêtrière.

Dans notre pays, on n’est pas choqué de voir des éhontés uriner anarchiquement en pleine ville, en plein air dans des lieux publics. La mention « interdit d’uriner » devient une incitation à polluer l’environnement. Quelques écervelés et autres décérébrés n’hésitent pas à inonder la ville de crachats tous azimuts. Des dadais défèquent là où le besoin presse, sans se soucier des normes. De gens aux idées vieillottes s’investissent dans la pollution sonore. Des cendrillons, des individus crasseux trouvent tout de dépotoirs et y jettent joyeusement des ordures. La culture de l’impunité fait le bouillon de l’incivisme. La violation des feux tricolores, l’occupation anarchique des trottoirs et des lieux publics, la vente frauduleuse des hydrocarbures et l’animation du secteur de l’informel en général rongent les valeurs citoyennes. L’incivisme fiscal est sur un palier plus élevé. Le Bénin est une usine d’où sortent les champions de l’incivisme.

« Civisme, on en attend toujours un peu de la part de beaucoup qui n’en montrent aucun », déplore Pierre Daninos dans le Jacassin. Le déficit voire la disette de l’éducation civique fait flamber les passions pour l’anti valeur. L’Etat doit prendre ses responsabilités pour sanctionner le non respect des symboles de représentation nationale et punir la violation de la loi. Puisqu’il est difficile de redresser le bois sec, l’idéal serait d’attaquer le mal à ses racines. Inculquer aux enfants la notion de civisme dans le primaire et multiplier les séances de sensibilisation des jeunes, adultes et personnes âgées, tous couverts des sciures de l’incivisme. La quête de l’émergence peut commencer par celle des nos valeurs cardinales. La jeunesse en pertes de repères moraux est en proie aux ténèbres immorales.

Le pire guette gravement notre époque où la perversion prend les couloirs. On attend le sursaut d’orgueil de la Nation pour le pacte avec le bien et le licite. Le gros séisme immoral des sandales est un virus du désespoir. Mais il est bon et bien de s’armer de courage et de croire en la métamorphose salvatrice, celle d’un changement positif hérité de l’assainissement des mœurs. La foi en l’éradication de l’incivisme peut débuter par la promotion de la bonne gouvernance.

Sulpice O. GBAGUIDI



La Nouvelle Tribune

Non aux grèves qui tuent

Écrit par Jérôme Carlos

Des frères et des sœurs morts pour une question de sous. Non parce qu’ils ont volé l’argent de quelqu’un. Non parce qu’ils doivent de l’argent à quelqu’un. Mais parce qu’ils sont les victimes innocentes et collatérales d’une grève des agents paramédicaux du service public. Ceux-ci, pour plier le gouvernement à leur verser des primes de risque ont déclenché une grève sans service minimum.

 dans Chronique du jour cnhu

Ainsi, pour 72 heures, à compter du 9 novembre, conformément au mot d’ordre du Front uni des organisations syndicales de la santé, ces agents ont déserté les hôpitaux et les centres de santé. Ils ont abandonné blouses et bistouris. Ils ont laissé leurs patients face au mal qui les ronge, face à la mort. Ainsi, des dizaines d’êtres humains sont morts ou vont mourir. Cela vaut une exécution sommaire, en règle et dans état d’âme.

Requiem pour tous ces frères et sœurs. Ils étaient partis pour  recouvrer la santé. Mais ils ont rencontré la mort sur leur chemin. Ils n’ont pas eu le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Ils auront été piégés trois fois. Piégés, d’abord, par la maladie qui les a conduits vers un centre de santé où les attendait un peloton d’exécution en blouse blanche. Piégés, ensuite, par une grève assassine dont la motion a pris brutalement les accents tragiques d’une sentence, d’un arrêt de mort. Piégés, enfin, par la pauvreté qui ne leur a donné  aucune possibilité de repli vers une clinique, vers un centre de santé privé.

Avant de situer les responsabilités dans cette  série de meurtres sur commande ou de meurtres télécommandés depuis une grève, attardons-nous sur ces mots d’André Malraux (Citation) : « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie ». (Fin de citation). Cette phrase est à faire méditer par tous. Cette phrase est  à faire graver au fronton, de tous nos centres de santé. Cette phrase doit marquer nos consciences pour que  la vie ne soit plus banalisée, pour que l’homme reste à la place qui ne doit jamais cesser d’être la sienne dans nos préoccupations : la première.

Ceux qui sont morts n’ont plus voix au chapitre. Que pensent et que disent les vivants quant aux responsabilités engagées dans cette triste affaire ?

Argument N°1 : si le gouvernement, depuis des années, n’avait pas fait  la sourde oreille, ne s’était pas assis sur les primes de risque dues aux praticiens hospitaliers, ceux-ci ne seraient pas allés en grève et nous n’aurions pas eu  à déplorer des morts pour fait de grève. Pour les grévistes, voilà une manière élégante de botter en touche, en déclinant toute responsabilité. C’est le gouvernement qui a ouvert et qui a refermé la tragique parenthèse. Qu’il y ait des morts, ils n’en ont rien à cirer !

Est-ce que des hommes et des femmes, liés par le serment d’Hippocrate, face à la souffrance de leurs semblables, face à la mort dans ses œuvres, du fait d’une grève qu’ils ont déclenchée, peuvent-ils se dédouaner aussi facilement, peuvent-ils se dégager aussi légèrement ?

Argument N° 2 : on peut s’arrêter à l’idée, en s’y accrochant comme la chauve- souris à sa branche, à savoir que la grève est légale. En effet, L’article 31 de notre constitution dispose : « L’Etat  reconnaît et garantit le droit de grève. » Ce qui est assorti de cette autre disposition : «Le droit de grève s’exerce dans les conditions définies par la loi. »

Aucune loi n’autorise un citoyen à mettre en péril la vie d’un autre citoyen. L’article 8 de la constitution souligne que « La personne humaine est sacrée et inviolable »

Argument N°3 : on peut invoquer le fait que, pour l’instant, aucune disposition légale n’impose d’observer, dans une grève, un service minimum. Peut-on pour autant, sachant qu’on sème des morts derrière soi, se permettre d’aller en grève le cœur léger, sans se poser de questions ? Le silence de la loi sur un aspect des choses nous empêche-t-il d’exercer notre bon sens ? Quel honneur, quelle fierté  y –a-t-il à  obtenir des primes au prix de la vie  d’innocents patients ? Si l’argent, dit-on,  n’a pas d’odeur, avouons que les primes des agents de santé risquent d’en avoir une : l’odeur des cadavres de ces personnes envoyées à la mort.

 



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L’Ue, le Pnud et le fardeau de la Lépi

La réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) déchaîne inlassablement les passions au point de soulever les vagues érosives de nos inquiétudes. Les suspicions s’élèvent comme un juron de fumée et aveuglent les clans antagonistes. La paix se trouve à la merci de la Lépi et se laisse découper par les ciseaux du radicalisme prononcé. Dans cette ambiance vicieuse, on se demande qui endossera « le manteau très beau de l’Ange de la paix  » dont parle le cardinal hongrois Jozseph Mindszenty. Qui vaincra la tension ? Le pari est lancé.

Dans le cours irrémissible des évènements, les pronostics s’effilochent devant la fonte des certitudes. Mais puisque la Lépi est devenue une machine à fabriquer la tension, il est impérieux de trouver les leviers du dégel. Les partenaires techniques et financiers du Bénin ont maintenant l’obligation de quitter la gangue opaque de l’indifférence pour ne pas paraître les bailleurs de la polémique et les pourvoyeurs du trouble. La situation trop enflammée nécessite que le financement salutaire de la Lépi soit accompagné d’heureuses initiatives visant à briser les barrières pour installer le pont de dialogue entre acteurs politiques. L’Union européenne (Ue) et le Programme des nations unies pour le développement (Pnud) au chevet de la Lépi aideraient mieux le Bénin en lui apportant des solutions à la crise héritée du processus de réalisation de cette Lépi. La perfusion financière de la Lépi réveillera nos espérances si elle va de pair avec un intense investissement pour la paix dans ce contexte de polémique généralisée. Le souci de la transparence qui alimente la sagesse de l’Ue et du Pnud est évident mais il urge de sauver la paix en péril.

Une médiation en temps de paix ne serait pas de la mer à boire pour nos généreux partenaires au développement car l’idée de la démolition de la liste manuelle et archaïque est partagée par tous et la Lépi voulue par tous. Le dénominateur commun s’offre le support de la modernité. Seul 2011 fait de la Lépi un instrument de discorde. On devrait plutôt dans le camp de l’Ue et du Pnud vite agir pour guérir les plaies et tisser la solidarité nationale, loin des bruits de bottes et du feu des armes. Il s’agit de nettoyer les soupçons de complicité et de travailler résolument pour la paix.

Nul doute que l’Ue et le Pnud possèdent cette vertu de faire triompher le dégel. Mais, la rue semble avoir de l’avance sur le dialogue depuis que la Lépi massivement financée par ces institutions internationales brûle à petits coups la paix. Sans le maintien de la paix, le bouquet des milliards tombé dans l’escarcelle de la Lépi n’est qu’un cadeau empoisonné.

Dans un pays où la retenue est la chose la moins partagée, la responsabilité des partenaires financiers est en croissance. Cette augmentation de la charge morale fait peser sur eux, le poids du combat pour la paix. Illustration de la disette de la retenue : la prise de position saugrenue des têtes couronnées et de certaines confessions religieuses. La Lépi suscite parfois des envolées délirantes et quelques inepties au creux de l’instinct. Chaque époque a ses déviances inédites. La nôtre ne déroge pas à la règle. L’Ue et le Pnud dont la notoriété est incontestable dans les œuvres de développement, pourront s’imposer en arbitre pour la défense de la paix. L’heure est encore idéale pour des propositions dans la logique du consensus et l’élimination de la tension. « La recherche du consensus est fondamentale pour que le pays se modernise » disait François Fillon. La Lépi a jeté la République dans un champ de mine. Il faut déminer tout le périmètre. Les bailleurs de fonds détiennent une partie de la clé de la baisse d’adrénaline. Si la Côte d’Ivoire a pu moderniser son outil électoral avec l’aide des partenaires financiers étrangers, nous sommes dans les fibres du possible. Yes we can !

C’est à l’Ue et au Pnud de bien jouer pour que l’expérience ivoirienne puisse faire école chez nous. L’inachevé fera dangereusement souffler un vent de complicité sur les nobles intentions de nos partenaires techniques et financiers. De l’argent mais aussi et surtout la médiation. Amener les différents camps à la table de négociation. La priorité est là, debout et pressante pour l’Ue et le Pnud. Reste simplement la bonne inspiration pour évacuer la tension qui fragilise la paix.

Sulpice O. GBAGUIDI.




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Le blocage anti Grimaldi

Le bon sens est à l’épreuve au Port autonome de Cotonou depuis le blocage d’un navire de la Société Roro Terminal Bénin, filiale du groupe Grimaldi. Les travailleurs de la Sobemap ont étonnamment immobilisé le navire qui inaugure les activités de Roro dont la vocation reste la relance de la manutention des véhicules. Le coup des syndicalistes portuaires contre Grimaldi altère déjà la morale et laisse enfler nos inquiétudes sur le pourrissement des valeurs au Port autonome de Cotonou. La cible Grimaldi est toute désignée par la mafia trop hargneuse et trop cupide du port.Le syndicalisme a cette destinée qu’on ne peut lui dénier son droit de revendication de meilleures conditions de vie et de travail des hommes. Seule la méthode permet d’identifier les anarchistes dans le lot. Bakounine, Kropotkine, Elysée Reclus et Max Stirner…, illustres représentants de ce courant ont généreusement semé la pagaille. Ce qui se passe au port avec la race de pirates domestiques nous jette dans la jungle où la force dit le droit. Et Roro Terminal Bénin qui a reçu l’agrément de l’Etat béninois est interdit d’activités puis menacé par de gens aux ambitions obscures et aux desseins sombres. Le contenu du navire bloqué donne de l’ampleur à la dérive. On y retrouve des conteneurs à destination du Nigeria avec des denrées périssables et un risque de dommages évalués à plusieurs milliards de francs Cfa pour Grimaldi. Les répercussions financières de cet acharnement syndical contre Roro seront énormes pour l’économie nationale avec des dégâts inimaginables mais dévastateurs sur le budget national. La situation met la crédibilité du port autonome de Cotonou en péril. Le blocage pernicieux et maladroit de navire constitue indubitablement un recul pour le port. L’Etat béninois, responsable des gaffes de syndicalistes fera les frais de la mauvaise publicité pour le port. Le vieux continent trop méfiant boude déjà le Bénin. La plupart des véhicules provenant de ports européens sont en effet détournés vers Lomé, asséchant ainsi le circuit national. C’est le drame de l’économie qui se joue avec ce blocage irraisonné justifié par un radotage primitif. Comment les opérateurs économiques vont-ils investir chez nous dans ce désordre entretenu puis financé ?

 

La confusion au port et cette sortie massive d’engins au service de blocage génèrent quelques observations. Les gros engins érigés en instruments du mal n’ont pu être utilisés sans l’accord du Directeur d’exploitation de la Sobémap , seul responsable de la gestion de ces engins. Et où se trouvait le Directeur général du Port au moment du déploiement mécanique pour empêcher le navire de Roro ? Ces engins, propriété de l’Etat sont utilisés contre une société agrémentée par le même Etat. Un vent de complicité souffle sur l’affaire de blocage de navire. Les trublions semblent opérer sous le parapluie des autorités portuaires. Et pourquoi le gouvernement ne prend-il pas ses responsabilités ? La République n’est pas une pétaudière et il faut sanctionner les responsables de mauvaise foi et parrains du sabotage au port. Que des têtes tombent !

 

L’Etat a le devoir de mettre Grimaldi en confiance. La présence d’une forte délégation ministérielle, Badarou, Souton , Adanmayi, au lancement officiel des activités du Terminal est un symbole qui a besoin de soins adéquats et d’actes de protection contre le défoulement nuisible des fossoyeurs du développement. Le Terminal Roro est une chance pour le Bénin. Il peut assurer la manutention de ces navires porte véhicules 24h/24 et une sécurité sans faille. Le montant global de l’investissement, 4,5 milliards Fcfa témoigne de l’ampleur de l’œuvre de Grimaldi et de sa notoriété.

 

Yayi, soucieux de la promotion du partenariat public- privé pour la compétitivité du Pac dans la sous -région, a l’obligation de ne pas manquer le rendez-vous de l’histoire dans sa quête de l’émergence. Il lui faut sauver le port en y faisant une œuvre de salubrité notamment dans les nids des autorités du milieu. La lutte aveugle contre Grimaldi et son Roro Terminal Bénin est hérétique. C’est une folie masquée, un règlement de compte béni par certains patrons du port. Seul le gouvernement peut décanter la situation et sortir de l’illusion, les semeurs invétérés de trouble.

Sulpice O. GBAGUIDI



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Cibles privilégiées de braquages

La saison de braquage bat son plein. La psychose devient pesante et déchirante. La Nation rumine sa colère, laissant soulever la poussière de résignation. Le nombre des victimes des assauts des malfrats et autres fripouilles grossit et prend de l’altitude. C’est au quotidien que s’anime la foire de l’insécurité avec la loi odieuse des sans foi ni loi, insalubres marchands de la mort. Comme à l’état de nature, la race ignoble des héritiers du sauvage de l’Aveyron sème le deuil et la détresse. Deux braquages réveillent nos craintes endormies et allument le désespoir éteint : deux attaques sur deux femmes d’affaires proches de Boni Yayi, deux puissances financières, Difezy et madame Ibikounlé Karamatou. Notre patience s’écroule sous la parade asphyxiante de la pègre et la méchanceté humaine.

Tout braquage, quelle qu’en soit la nature célèbre les obsèques de la morale et torture notre existence. Les cas Difezy et Ibikounlé suggèrent quelques observations. D’abord, la qualité de ces deux femmes remue la boîte à préjugés. Elles sont de yayistes pur-sang et surtout de soutiens financiers sans faille aux actions du chef de l’Etat. Les attaques apparaissent du coup, politiquement suspectes. Ensuite, le contexte des braquages est une vitamine aux suspicions. L’ambiance de précampagne électorale sur fond de crise politique fouette en effet les spéculations sur une possible conspiration contre les opérateurs économiques pro Yayi. Enfin le facteur temps creuse les digues d’une œuvre goupillée sous le parrainage d’une nébuleuse. Les deux attaques sur ces proches de luxe de Yayi interviennent en moins d’une semaine. La foi en la coïncidence s’effrite d’elle-même comme un château de cartes.

Mais ces considérations enflées sur les superficies d’une triste réalité masquent à peine certaines appréhensions gonflées à la pompe de l’attitude du pouvoir après les forfaits des valets du mal. Le véhicule haut de gamme arraché à madame Difezy, un véhicule presque unique dans le pays et rare dans la sous région, n’est toujours pas retrouvé. Comment les malfrats ont-ils pu disparaître sans trace avec un tel véhicule et s’évaporer dans la nature ? La faillite de la sécurité crève l’œil devant une situation émaillée d’absurdités. La raison exige que ce véhicule exceptionnel soit intercepté le même jour par les forces de l’ordre. J’en viens à une hypothèse à savoir que Difezy, femme du système ait peut-être été victime d’un braquage commandité à l’interne. L’affaire est celle de tous les possibles.

Une constante efface le doute dans la gestion de ces deux braquages des proches du président de la République. Le pouvoir du changement tarde à prendre ses responsabilités. Le Général Kérékou s’était par exemple montré plus rigoureux et plus efficace dans la traque des braqueurs de la Financial Bank en 1999. La réunion de crise avec le Haut commandement militaire et les instructions données par la Marina avaient permis en quelques jours de débusquer les criminels. L’exploit Kérékou n’a pas fait école et son successeur engraisse nos inquiétudes. La volonté politique s’est asséchée provoquant l’étiage du fleuve de nos espérances. Si les supportrices de marque de Yayi, victimes de braquage sont traitées avec cette incroyable incurie, que peut espérer le citoyen lambda ?

L’apathie greffée par le pouvoir sur la série de braquages sur de Yayistes de rang, révèle une chose : même les leviers financiers du président ne sont pas protégés. Difezy et madame Ibikounlé doublement victimes de l’insécurité et du manque de réaction au sommet de l’Etat ont déjà appris les leçons.

Yayi aurait dû mettre du baume au cœur de ces vaillantes femmes de l’écurie du changement en donnant un coup d’accélérateur à la chasse aux gangsters. Il faut, tout au moins, retrouver ce véhicule haut de gamme emporté comme dans un film western. La Nation, sous le choc de l’insécurité envahissante a besoin d’une protection sans fissure. Les garants de la sécurité, en déficit de moyens, ne réclament que plus d’attention pour assurer l’essentiel et secouer les nids des délinquants.

Les braquages spectaculaires de Difezy et de madame Ibikounlé font monter la pression sur Boni Yayi. Il doit relever le défi pour rassurer les autres Béninois de moindre importance dans le système du changement. Car il s’agit de montrer que le pouvoir n’a pas encore abdiqué devant les hors-la-loi.

 



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L’homélie pour la réconciliation

Le nouvel archevêque de Cotonou tient solidement son statut de pèlerin de la paix et prend des galons dans sa noble quête de l’apaisement déjà exprimée dans sa lettre à l’Eglise Famille de Dieu et aux Hommes et Femmes de bonne volonté. Mgr Antoine Ganyé a exploité l’occasion divinement offerte par son installation pour prôner la réconciliation et inciter la classe politique, mouvance et opposition, à s’alimenter de cette vertu. . La parole de l’Archevêque au chevet de la paix souffrante, à la veille de Toussaint, est bénite.La lettre du prélat à la fête de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus annonçait avec force ce que sera le sermon de ce dimanche : « Au nom du Christ, qui a versé son sang sur la Croix pour rassembler les membres de la famille humaine dans l’amour, nous vous supplions de ne pas entretenir des sentiments de haine et de violence, mais de pratiquer un dialogue constructif au service de la protection et de la promotion de tous les fils et filles de ce pays ». La vocation sert de support à la mission de provoquer la contagion de la bonne action. La lettre de Saint Paul aux Romains (Rm7, 14-25) apporte d’ailleurs la lumière biblique à la pénitence et la réconciliation. La crise politique qui frappe le pays apparaît comme un instrument à vent qui fait résonner les soupçons, les provocations, les conjectures, les incertitudes. L’appel à la réconciliation de l’Archevêque a les résonances angéliques et dégage des ondes positives au moment où s’amplifie l’écho de la tension brûlante et dévastatrice. La paix consumée à petit coup subit la condamnation effroyable d’une disparition certaine. Sur ses cendres, les plus belliqueux érigeront les fronts de combat pour mieux s’épanouir dans le sang. « Le peuple ne veut pas du sang », prévient le prélat. Et du sang de la folie de politiciens, le sang de l’obsession du pouvoir, personne n’en veut.

L’hymne de la réconciliation de Mgr Ganyé avec le refrain de la paix et les couplets vertueux du bien et du renoncement au mal risquent cependant de ne pas nous mettre à l’abri du conflit entre Dieu et le Diable. « Lorsque les haines ont éclaté, toutes les réconciliations sont fausses » disait Dénis Diderot. En cette veille des élections, les cumulo nimbus se sont formés, et le ciel lourd n’attend qu’à se décharger avec d’inévitables précipitations sur le champ électoral. Nos vains espoirs de réconciliation refroidis par la succession d’éléments et de fortifiants de crise sont toutefois réchauffés sous l’effet de l’homélie bien inspirée de la sagesse de l’Archevêque, homme de paix et homme de Dieu. Mais, on ne doit pas se jeter dans la geôle de l’illusion. La réalité est plutôt critique. Obnubilés par 2011, Yayistes et anti yayistes roulent sur la braise. Les uns rêvent de suspendre le temps pour éterniser le bonheur préidentiel, les autres s’imaginent accélérer le temps pour vite quitter la galère de l’opposition. Sur les fibres de l’apparence, les uns s’accrochent, les autres sont pressés de tutoyer les cimes. A défaut de réconciliation, la retenue devient alors un devoir dans cette ambiance de précampagne surchauffée. Il faut savoir s’arrêter et éviter de côtoyer l’insensé et de brasser le pire. Malheureusement, la politique se moque des dix commandements de Dieu reçus par Moise sur le Mont Horeb au Sinaï. Il n’est pas question de la sainte ordonnance de « aimez-vous les uns les autres ». Machiavel a déjà réglé l’essentiel dans le champ politique ou dans la conquête du pouvoir,  » seule la fin justifie les moyens ». Peut-être plus de foi et moins d’athéisme fera plus d’hommes de bonté et moins de gens cruels. Pour 2011, les bourreaux de la paix s’offriront l’excuse immorale mais politique de la conquête mouvementée du pouvoir. Le conflit entre l’instinct et la raison étouffe la bonne foi. L’essentiel est de prendre ou de garder la clé de la Marina. Le pouvoir, rien que le pouvoir. La maladie est évidente. Dans ce contexte de pourrissement, le médecin fait irruption non pas après la mort mais à l’agonie du patient. Prions pour le miracle de la réconciliation.

L’homélie de Mgr Antoine Ganyé, a tout, pour toucher les sens, mais elle peut connaître un autre destin : émouvoir superficiellement les acteurs politiques en se mouvoir finalement dans le vide. En de pareilles circonstances, prions et supplions comme le prélat  » le Seigneur, par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, notre Mère, de faire descendre sur chacun et sur nous tous l’Esprit de sagesse et la grâce d’amour vrai pour notre cher pays ». Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen !

Sulpice O. GBAGUIDI
 



Boycott de l’ouverture de la 2ème session ordinaire de l’Assemblée nationale:Mathurin Coffi Nago exprime son ras-le-bol

Faute de quorum, l’ouverture de la dernière session ordinaire de la cinquième législature a été reportée à mardi prochain. Dépité et fâché, le président de l’Assemblée nationale s’en est pris à ses adversaires en des termes durs.

(suite…)



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Témoin Yayi à charge…

L’affaire Icc services est décidément une éponge imbibée de révélations. Mémorandums et mini mémos se bousculent avec des brouettes de déclarations versées dans la poubelle à scandale. La nouvelle cloche vient de la branche Abou Salomon Yayi de la famille Yayi. Et nous en sommes désormais à de révélations intimes sur une échelle élevée dans la quête de la vérité dans le drame national de l’escroquerie à grande échelle.

La part de vérité des proches de Yayi affiche des symptômes du surréalisme au regard de l’apologie de la virginité du chef de l’Etat faite dans le boucan des gardes chiourmes et chantres indécrottables du changement. Mais on semble avoir dans ce nouvel épisode, avec des acteurs de la famille, les pieds sur terre. La fâcherie vient de l’arrestation d’Abou Yayi, cousin de Boni Yayi considéré comme proche de lui qu’aucun des membres de la famille du président. Et voici ce que dit la famille de l’acoquinement Boni Yayi- Emile Tégbénou :  » Abou Yayi a conduit Mr Tégbénou auprès du Président de la République qui a été à son tour séduit par les idées de Mr Emile Tégbénou lui promettant de faire le nécessaire pour le mettre au courant des marchés publics béninois. Quant à Mr Abou Yayi, le président Yayi lui recommanda de travailler en étroite collaboration avec Mr Tégbénou dans la conduite des marchés de forage… « . Principale leçon de l’éclaircie familiale : Yayi connaissait Tégbénou avant l’éclatement du scandale Icc Services et aurait selon les témoins biologiques assuré les liaisons du cousin avec le filou. Le mini mémo à charge contre le Chef de l’Etat tisse sa corde au bout de celle de l’ancien ministre de l’intérieur limogé. Armand Zinzindohoué jurait, dans un mémo à succès, avoir rencontré monsieur Guy Akplogan et monsieur Emile Tégbénou au domicile du chef de l’Etat. Il avait alors été accusé d’avoir violé le corps du Christ par de coreligionnaires hébétés sous l’effet de l’émouvant mémo. On eut du mal à comprendre le lien entre le mémo et le péché, celui de la violation du corps du christ. Dans une interview à Libération en novembre 1981, Serge Gainsbourg caricaturait cette espèce de folie : » Si le Christ était mort sur une chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise en or autour du cou » lâchait-il. Les parents de Yayi ont-ils eux aussi violé le corps du christ en confirmant le contact entre Yayi et Tégbénou avant l’éclatement du scandale ? Le camp Yayi s’est mis en boule après les écrits brûlants du courageux Zinzin. Quelques uns des logis yayistes désemparés et bilés hurlaient piteusement et théâtralement un complot de l’opposition. La conspiration est-elle désormais celle de la famille ? Et le corps du Christ est il maintenant domestiqué et abîmé à volonté ? Pauvre Christ dont le corps est malmené en plein scandale. Quittons le champ de l’insensé. Connaître ou ne pas connaître Tégbénou ne relève ni de la foi ni de l’athéisme. Que pensent les supporters forcenés du Président après le cinglant désaveu familial subi par leur idole de la Marina ? Il est à craindre que le camp Yayi verse dans l’insolite en s’abreuvant de l’irrationnel. On a hâte de savoir la ligne de défense du pouvoir du changement maintenant que des membres de la famille de Yayi ont tenu le même langage que Zinzin l’ami de Yayi. Je souris à l’idée qu’on nous dira que Yayi n’a pas rencontré Tégbénou responsable de Icc services mais Tégbénou messie du forage et Pdg de la Société nouvelle alliance du Bénin. J’espère sérieusement que dans la nouvelle panique, on n’en viendra pas à cette hérésie. Car, il s’agit de Tégbénou tout court et non d’un dédoublement qui doit offrir à Yayi le choix de son Tégbénou pour demeurer l’immaculé. Le chef de l’Etat s’est déclaré  » responsable mais pas coupable » dans l’affaire Cen-sad. Il y a un autre Yayi à découvrir si ce n’est plus le même « responsable mais pas coupable ». On pourrait avoir le chef d’Etat  » responsable et coupable » ou le président  » ni responsable ni coupable ». Ou peut-être toujours le chef qui n’était pas au courant de l’existence de Tégbénou et de rien car le président responsable et coupable est toujours à retrouver.

C’est de la famille Yayi que naît l’espoir d’une réponse incontestable à cette question qui domine toutes les autres dans le gros scandale Icc services : Boni Yayi, Chef de l’Etat, chef du gouvernement a-t-il rencontré Guy Akplogan et Emile Tégbénou ? Oui, crie la famille. Les yayistes radoteurs ont sans doute eux aussi appris la mauvaise nouvelle. Vraiment !

28-10-2010, Sulpice O. GBAGUIDI



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